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Entrepreneur : Tiguidanké Camara passée des podiums de la mode aux gisements miniers

Tiguidanké Camara passée des podiums de la #mode aux gisements #miniers en #Tiguidanké Camara. Elle est l’une des rares #femmes, peut-être même la seule, à s’être lancée dans l’exploration minière et en créant son #entreprise Tigui #Mining Group. Les licences d’exploration qu’elle possède valent aujourd’hui plus de 40 millions de dollars.
#Interview d’elle sur #TV5Monde

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AFRIQUE DU SUD : AU NOM DU PLATINE

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Membre des cinq économies émergentes que constituent les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), l’Afrique du Sud doit beaucoup à ses matières premières. Véritable vivier économique, leur exploitation attire des investisseurs étrangers depuis plus d’un siècle. Mais aujourd’hui  le secteur ne tient plus ses promesses et la crise se joue sur  fond de profond malaise social.

 

Riche en ressources naturelles, l’Afrique du Sud est l’un des plus gros exportateurs mondiaux en produits miniers. Les extractions d’or, de diamant, d’argent, de platine ou de charbon gonflent le produit intérieur brut (PIB) du pays à 349,8 milliards de dollars[i], selon les estimations de la Banque mondiale en 2014. La même année la part du secteur minier, tous produits confondus, représentait 21%[ii] de ce chiffre.

 

Aujourd’hui placée au premier rang mondial dans l’extraction de platine loin devant la Russie, l’Amérique du Nord et le Zimbabwe, l’Afrique du Sud a hérité des européens une longue tradition minière. A la fin du XIXe siècle, à l’apogée des rivalités entre anglais et hollandais pour l’accaparement de certaines terres du pays, des découvertes en or et en diamant ont mené à la construction de mines. Leur exploitation a ainsi permis de rendre florissante l’économie de l’Afrique du Sud, phénomène qui s’est poursuivi avec l’extraction d’autres ressources souterraines.

 

Mais aujourd’hui le pays doit faire face à la chute des cours des matières premières au niveau mondial, notamment en ce qui concerne le platine. Les trois grands géants du secteur présents en Afrique du Sud à savoir Anglo American Platinum, Impala Platinum et Lonmin constatent une baisse régulière de la demande de ce métal principalement utilisé dans l’industrie automobile et la joaillerie. L’un des premiers facteurs serait le ralentissement de la croissance chinoise, dont le pays figure parmi les premiers partenaires économiques sud-africains. Les conséquences d’une réduction des exportations sud-africaines en platine porteraient un sérieux coup à l’économie du pays puisque 9% du commerce extérieur est dû à ce métal[iii].  Mais il s’avère que c’est surtout le mois de septembre 2015 sous les conséquences de « l’affaire Volkswagen » qui pourrait signer le début de la fin du recours au platine dans l’industrie automobile. Le 22 septembre dernier, l’Agence Américaine de protection de l’environnement (EPA) accusait le constructeur allemand d’avoir installé un logiciel visant à truquer le résultat des tests mesurant l’émission de CO² dans des voitures à moteur diesel. Or le platine est utilisé pour la fabrication de pots catalytiques des moteurs diesel, ce qui pourrait être fatal à la commercialisation du métal si les acheteurs venaient à privilégier les modèles à essence. L’illustration de cette chute de la demande est visible à travers le recours massif aux suppressions d’emplois dans le secteur. En juillet dernier, pour pallier la chute des prix du platine, les entreprises Lonmin et Anglo American Platinum annonçaient le prochain licenciement de 6000 salariés[iv]. Le 7 octobre, c’est l’entreprise anglo-suisse Glencore qui mettait en maintenance la mine d’Enland, provoquant ainsi la suppression de 818 emplois[v]. Cette décision est significative pour un pays où 8% de la population active[vi] est employée dans le secteur minier et où le taux de chômage aux premiers mois de 2015 affleurait les 26.5% chez les individus en âge de travailler et en recherche d’emploi[vii].

 

Car ce qui rend dramatique la crise que traverse le secteur minier en Afrique du Sud, c’est la tension sociale qui se crispe autour des conditions de travail et des revendications salariales.

 

En 2012, la grève des travailleurs de la mine de Marikana, qui avait bénéficié d’une large couverture médiatique, avait fait 34 morts parmi les mineurs qui demandaient une augmentation de salaire. Deux ans plus tard, c’est une nouvelle crise qui éclate dans cette même mine sous l’impulsion du syndicat des mineurs ACMU (Association of mineworkers and construction union) qui réclame un salaire minimal de 12.500 rands (environ 860 euros brut par mois). Les menaces de restructuration lancées par les patrons ont conduit le président de la République Jacob Zuma à nommer un nouveau ministre des mines. Le fin mot de l’histoire se résume par l’acceptation des conditions salariales par le patronat est un arrêt de la grève[viii].

 

Cependant, si cette augmentation est salutaire pour les centaines de mineurs qui vont en bénéficier, elle ne masque pas la réalité des conditions de travail dans ces mines. Dans un pays qui peine à apaiser les profondes séquelles de son histoire, la précarité économique et la violence demeurent. Les mineurs, souvent isolés de leur famille, vivent dans des baraquements de fortune à proximité de la mine, de ses rejets toxiques et à la merci de maladies qu’on aurait cru éradiquées. Pour le sociologue Adam Habib : « cent ans après le début de l’exploitation minière dans ce pays, le mode de vie des gens dans les mines est le même qu’au début du 20e siècle »[ix]. La condition des femmes ouvrières reste également préoccupante même si les employeurs semblent s’atteler à cette question. Autorisées à travailler dans les mines depuis 1996, certaines doivent faire face à des remarques sexistes, au harcèlement moral et à des agressions sexuelles[x]. Si cette réalité semble exister dans tous les secteurs et dans tous les pays, il n’en reste pas moins que cela reste particulièrement dramatique et effrayant pour toute personne travaillant à des centaines de mètres sous terre.

 

Ainsi l’Afrique du Sud, poumon économique du continent, doit faire face à une économie qui s’essouffle. Ses ressources naturelles ne vont bientôt plus suffire pour la faire sortir du sempiternel classement des économies émergentes. Mais au-delà, c’est une crise bien plus profonde qui peine à s’achever. Si la fin de l’apartheid peut s’acter en 1994, la réalité ne semble pas changer et les violences continuent. Violences physiques et violences sociales dont le travailleur semble le seul à pâtir.

Necotrans fait l’acquisition d’une importante société de Moïse Katumbi

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Dans un communiqué, Necotrans annonce le 9 novembre l’acquisition de Mining Company Katanga (MCK), basée en RD Congo. Avec environ 1 900 collaborateurs et une flotte de 500 engins et camions, cette entreprise leader intervient auprès des plus grandes compagnies minières installées dans la province du Katanga, une région qui abrite les quatrièmes réserves mondiales de cuivre et les premières de cobalt.

Necotrans réalise cette acquisition auprès de Moïse Katumbi, homme d’affaires et homme politique congolais dont les ambitions présidentielles sont de plus en plus claires. MCK avait été fondée par Katumbi en 1997 et constitue l’une des parts la plus importante et la plus visible de son empire économique (Moïse Katumbi est également actif dans le transport, l’immobilier, l’agriculture…).

Aucun détail n’a été donné sur les revenus de MCK ou sur le prix d’achat.

Ces phosphates africains que tout le monde convoite

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Effets d’annonce ou début d’une nouvelle ère pour le phosphate ? Alors que le marché africain des fertilisants est considéré comme vierge à cause du faible niveau de consommation d’engrais (4,7 kg par habitant, contre 200 kg en Inde ou en Chine) et que le continent doit encore assurer sa propre sécurité alimentaire, les filières africaines semblent attirer de plus en plus de grands groupes internationaux désireux de se positionner pour l’avenir. La chute du cours de ce minerai (la roche de qualité moyenne coûte environ 100 dollars la tonne, contre 400 dollars entre 2008 et 2009) ne semble guère les décourager. Bien au contraire.
Elenilto et Wengfu au Togo, GB Minerals en Guinée-Bissau
Début septembre, les autorités togolaises ont ainsi annoncé l’attribution du mégaprojet d’exploitation et de transformation de phosphate carbonaté de Kpémé à un consortium mené par le groupe israélien Elenilto , dirigé par Jacob Engen. Doté d’un gisement qui est « probablement » le plus grand d’Afrique subsaharienne (ses réserves sont estimées à 2 milliards de tonnes), ce projet de 1,4 milliard de dollars (1,2 milliard d’euros) prévoit notamment la construction d’une usine d’acide phosphorique et de fertilisants d’ici à trois ans.
Au total, plus de 28 milliards de dollars de revenus sont attendus sur les trente ans que devrait durer la concession, grâce à l’exportation annuelle de 3 millions de tonnes de concentré de phosphate, 500 000 tonnes d’acide phosphorique et 1,3 million de tonnes de produits fertilisants. Alors que la filière togolaise, autrefois pilier de l’économie du pays (elle représentait près de 40 % des recettes de l’État), est tombée en déliquescence (sa production annuelle est passée de 3 millions de tonnes dans les années 1990 à moins de 1 million actuellement), cette annonce suscite beaucoup d’espoir. D’autant que le projet prévoit la création de milliers d’emplois.
Pour Elenilto, la signature de ce contrat vient renforcer une présence africaine déjà effective dans les mines et le pétrole. Mais, pour son partenaire chinois Wengfu, il s’agit d’une première. Ce groupe public, l’un des leaders mondiaux du phosphate et des fertilisants, devrait débourser environ 40 % des investissements attendus sur le projet de Kpémé. Engagé dans une stratégie d’internationalisation depuis quelques années, Wengfu cherche par ailleurs d’autres opportunités sur le continent. Il serait ainsi en discussion dans des pays comme le Maroc, la Tunisie ou le Sénégal.
Quelques jours après l’annonce de l’arrivée d’Elenilto et de Wengfu au Togo, c’est GB Minerals, coté à la Bourse de Toronto, qui a fait souffler un vent d’optimisme sur la Guinée-Bissau, un pays que l’on connaît mieux pour ses crises politico-militaires que pour ses performances économiques. Après une étude de faisabilité, la junior canadienne a confirmé que le projet de phosphate de Farim était bien « de classe mondiale ». D’après Luis Da Silva, son PDG, ce gisement permettrait de produire 1,75 million de tonnes de phosphate par an durant vingt-cinq ans, avec un coût de démarrage faible, estimé à 193,8 millions de dollars. GB Minerals deviendra ainsi un contributeur important au PIB de la Guinée-Bissau, via le versement de redevances et de taxes.
OCP, le leader incontesté du secteur
Devant tant d’optimisme, Imad Bouziane , vice-président Afrique et Moyen-Orient du négociant américain d’engrais Nitron Group, reste dubitatif. « Le cours de la roche phosphatée est à l’un de ses plus bas niveaux depuis 2007, et personne n’est sûr de le voir repartir à la hausse de manière significative. Dans ces conditions, les investissements comportent beaucoup plus de risques, et les financiers hésitent à suivre. Avec la situation actuelle du marché, le coût de production du projet de Farim en Guinée-Bissau reste de mon point de vue élevé. Il est peu probable que nous voyions le projet se développer à court terme. Tout comme au Togo, où la couche de phosphate carbonaté, cible des discussions en cours, est profonde et chère à extraire », explique-t-il.
Par ailleurs, d’après cet ancien directeur Afrique du marocain OCP et de l’américain Transammonia, « si la transformation locale du phosphate en engrais fait sens en théorie, il faudrait aujourd’hui investir dans des unités à forte capacité de manière à bénéficier d’économies d’échelle et à concurrencer les leaders du marché. Or le marché des engrais en général [nitrogène, phosphates et potasse] est aujourd’hui en surcapacité, et les plus grands producteurs mondiaux, qu’ils soient russes, américains ou chinois, viennent eux-mêmes chercher des débouchés sur le continent

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». Ces concurrents ont un atout majeur : chez eux, ils produisent leur engrais à des coûts très compétitifs et ont pour la plupart amorti leurs investissements industriels.
Il n’empêche qu’au cours de ces deux dernières années nombreux sont les leaders du secteur qui ont investi au sud du Sahara. À commencer par
le numéro un, OCP, qui détient plus de la moitié des réserves mondiales. C’est en 2014 que le groupe marocain, jusqu’alors tourné vers les marchés américains et asiatiques, a clairement affiché ses ambitions au sud du Sahara. Son PDG, Mostafa Terrab , avait ainsi annoncé la construction, en partenariat avec la Société équatoriale des mines du Gabon, de deux usines qui produiront de l’ammoniaque à partir du gaz naturel et des engrais phosphatés. Deux autres unités sont annoncées au Maroc, le tout pour un investissement de 2 milliards de dollars et une production de 2 millions de tonnes à partir de 2018. OCP veut par ailleurs bâtir une usine marocaine à Jorf Lasfar (600 millions de dollars), dont la production (1 million de tonnes) sera entièrement destinée aux marchés subsahariens.
Indorama devient un concurrent de taille
Reste qu’en Afrique OCP devra compter, outre le chinois Wengfu et le canadien GB Minerals, avec l’indonésien Indorama qui, sans tambour ni trompette, a repris 78 % du capital des Industries chimiques du Sénégal (ICS) en août 2014. Depuis, le plus grand complexe industriel sénégalais, qui emploie plus de 1 000 personnes, renaît. Le mastodonte indonésien, qui a pris le relais de l’indien Iffco (6,78 % du capital), a apporté ce qui manquait jusqu’alors le plus aux ICS : de l’argent frais.
Une semaine après la signature des accords de restructuration, il a ainsi injecté 100 millions de dollars pour éponger une partie de la dette contractée auprès d’entreprises sous-traitantes et relancer la production via la réhabilitation des installations des trois principaux sites du groupe : Taïba (un gisement à 100 km de Dakar), Darou (production d’acide phosphorique près de Taïba) et Mbao (production d’engrais, dans la banlieue de Dakar). Au total, selon le directeur général des ICS, Alassane Diallo, « Indorama s’est engagé à injecter 225 millions de dollars pour assurer la réhabilitation complète de l’ensemble des unités de production ».
Un an après le démarrage de l’opération de relance de ce qui était, il y a une quinzaine d’années, le fleuron de l’industrie lourde sénégalaise, les efforts commencent à payer. Sur la mine de Taïba (dont les réserves sont estimées entre 60 millions et 70 millions de tonnes), la production de phosphate marchand est de 3 500 tonnes par jour. Et la capacité de production d’acide phosphorique des deux usines de Darou a été multipliée par deux (2 030 tonnes par jour) – l’Inde en est le principal acheteur.
Enfin, côté engrais, les ICS affichent aujourd’hui une capacité de production de 300 000 tonnes par an, c’est-à-dire plus que la consommation du Sénégal. Une deuxième usine d’engrais devrait être construite sur le site de Mbao pour porter la capacité à 1 million de tonnes et exporter davantage sur le marché de la Cedeao, mais aussi dans toute l’Afrique.
« Le succès de tous ces groupes dépendra de leur capacité à produire à des coûts compétitifs et à mettre en place une logistique efficace pour la distribution de leurs fertilisants auprès des producteurs agricoles », explique un spécialiste du secteur. Elenilto et Wengfu assurent pouvoir produire à faible coût grâce à la connexion au gazoduc d’Afrique de l’Ouest et à la proximité du Port autonome de Lomé. De même, GB Minerals indique que ses coûts de production seront d’une moyenne de 52 dollars la tonne pendant la durée de vie du gisement, dont la situation près de l’océan Atlantique permet de fournir les marchés internationaux et l’Afrique.
Quant à OCP, engagé dans une ambitieuse politique d’investissement de 1 milliard de dollars par an jusqu’en 2020, il mise notamment sur ses pipelines sous-terrains pour réduire ses coûts de transport. Surtout, le groupe marocain compte s’appuyer sur les corridors régionaux (Dakar-Bamako, Abidjan-Ouagadougou, Cotonou-Niamey…) pour relever le défi de la distribution des fertilisants qu’il produira spécialement pour le continent.
Qui est Jacob Engel ?
En Afrique, l’Israélien Jacob Engel n’est pas un inconnu. Avant le Togo, où il a récemment décroché un projet d’exploitation de phosphate carbonaté, ce discret septuagénaire s’était déjà illustré dans les mines et le pétrole au Sénégal, au Ghana, au Liberia, en Tanzanie et en RD Congo. En 2011, son groupe Elenilto avait fait l’objet d’une enquête de la commission anticorruption du Liberia sur les conditions d’obtention de son gisement de fer de Western Cluster, qu’il a par la suite cédé à l’indien Vedanta pour plus de 90 millions d’euros. Peu d’informations filtrent sur le parcours de Jacob Engel.
Arrivé en Israël en 1951 (en provenance de Croatie), il a suivi des études à l’Institut israélien de technologie de Haïfa puis, en 1991, a fondé la compagnie d’immobilier Langa Holding, cotée à la Bourse de Tel-Aviv. Une société que « l’homme d’affaires le plus riche d’Israël » – c’est le site d’Elenilto qui le dit – a vendue en 2007, pour plus de 100 millions d’euros, au groupe Azorim, l’un des leaders du BTP en Israël. Engel a ensuite développé son holding, Engelinvest, dans les grands projets immobiliers en Inde, au Vietnam et en Russie. En Afrique, il se focalise sur les ressources naturelles, le négoce et les structurations financières.

L’argent des Africains : Amandine, mécanicienne dans une mine d’or du Burkina – 1080 euros par mois

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« Quand le moteur démarre, je suis contente », lance la jeune mécanicienne pour expliquer son choix de carrière peu commun pour une femme au Burkina Faso. Embauchée en mars 2014, Amandine Kambou réparait d’abord les énormes camions de la mine canadienne Iamgold, propriétaire à 90 % de la mine d’or d’Essakane.

Moins d’un an plus tard, elle a été promue au poste de fiabiliste. Son rôle ? Faire le suivi des besoins de la machinerie afin d’éviter des arrêts imprévus dans la production. Évaluer l’état d’usure d’une chaîne de bulldozer par exemple ou analyser l’huile moteur figurent à son agenda quotidien.

Plonger les mains dans le cambouis à Essakane lui permet de bien gagner sa vie, avec un salaire mensuel de 710 000 F CFA (1080 euros), même si ses horaires de travail ne sont pas de tout repos. Amandine quitte la maison de ses parents située à Ouagadougou pour sept jours de travail d’affilée, d’une durée de 10 heures chacun, avant de revenir pour sept jours de repos. « J’ai un bon salaire à la mine, c’est beaucoup mieux qu’ailleurs au Burkina », constate-t-elle. En effet, le salaire moyen d’un Burkinabè se chiffre à environ 57 euros par mois (selon la Banque mondiale). Avec son travail à la mine, la jeune femme gagne presque 20 fois plus…

Aider la famille et donner à l’église : 430 euros par mois

Depuis janvier dernier, elle dort directement sur le site d’exploitation de la mine, situé à plus de 330 kilomètres de la capitale. Logée, nourrie et transportée sur place par son employeur, elle peut ainsi garder la totalité de son salaire pour subvenir à ses besoins et ceux de sa famille.

Chaque mois, elle donne ainsi 150 euros à ses parents afin de contribuer aux dépenses de la maison familiale. « C’est important pour moi de les soutenir parce qu’aucun de mes quatre frères et soeurs ne travaillent », explique-t-elle.

La jeune femme paie les frais de scolarité de 990 euros annuels pour son frère (80 euros par mois) et contribue en ce moment aussi à la préparation du mariage de sa soeur à raison de 90 euros par mois. Ce soutien financier permet à son père, un gendarme à la retraite, et à sa mère, une accoucheuse-auxiliaire, d’arrondir leur fin de mois.

Chrétienne, elle verse ensuite systématiquement 10 % de son salaire à l’église qu’elle fréquente.

Des économies pour ouvrir son propre garage : 600 euros

Amandine est très économe et son salaire lui permet de mettre beaucoup d’argent de côté. La jeune mécanicienne économise 600 euros qu’elle place dans un compte épargne depuis ses débuts à la mine, presque tous les mois.

Ces économies lui ont permis d’acheter un terrain, qui lui a coûté 3800 euros, en périphérie de la capitale où elle projette de construire un garage d’ici cinq ans. La jeune mécanicienne caresse le rêve d’ouvrir sa propre entreprise, consciente qu’elle ne pourra pas faire carrière à la mine d’or. « Actuellement, je gagne beaucoup d’argent mais je ne sais jamais si mon contrat sera renouvelé. » La précarité de son emploi l’empêche d’obtenir un prêt auprès des banques.

Amandine Kambou multiplie les contrats de moins de six mois dans cette mine à ciel ouvert dont la durée de vie se chiffre à environ dix ans. Avec la chute du prix de l’or sur les marchés mondiaux, « la compagnie pourrait bien choisir de ne pas renouveler certains des contrats à l’usine… On ne sait jamais ce qui nous attend”, souffle-t-elle, en se trouvant pourtant chanceuse de travailler dans un secteur rémunérateur.

Du shopping pour 40 euros

Sa chance, elle la gagne au quotidien. Amandine Kambou ne se ménage pas au milieu de ses collègues masculins. « Je ne peux pas me plaindre, sinon ils diront que c’est parce que je suis une femme ». Dans son département, seules trois femmes travaillent comme mécaniciennes sur un total d’environ 280 hommes. « Même quand il y a beaucoup de poussière, même si c’est difficile physiquement, pas question de râler. » Au moins, soutient-elle, il n’y a aucune discrimination salariale entre elle et ses collègues masculins.

Mais travailler dans un monde d’hommes n’empêche pas Amandine d’être coquette et de garder une place pour le shopping dans son budget. Elle se permet de dépenser environ 40 euros par mois. La jeune mécanicienne aime bien s’acheter des chaussures confortables et de beaux vêtements dans lesquels « elle se sent à l’aise ». Une fois de temps en temps, elle s’offre une jolie robe à 20 euros « en pagne de qualité », dit-elle en souriant. « Mais pas tous les mois ! »

Les quelques francs qui lui restent doivent aussi servir à mettre de l’essence dans sa moto (environ 10 euros par mois) et sortir avec ses amies dans les bars ouagalais à la mode.

Face à une croissance qui chute, la BEAC abaisse son taux directeur

La Banque des Etats de l’Afrique centrale ramène de 4,2% à 2,8% sa prévision de croissance pour la zone Cemac en 2015. Conséquence d’une conjoncture pétrolière morose et de l’insécurité autour du lac Tchad et en Centrafrique.

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La Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC) prend acte de la décrue de l’activité dans la région et ajuste son taux directeur de 50 points de base. Une année jour pour jour après la dernière baisse de 30 points de base, le taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) passe donc de 2,95 à 2,45% au terme du comité de politique monétaire (CPM) qui s’est tenu le 9 juillet.
« Cette décision, qui permettra de booster l’activité, est liée au net ralentissement de la croissance justifiée par la baisse de la production pétrolière, la chute des cours du baril ainsi que l’insécurité dans la zone. A cela s’ajoute l’abaissement des tensions inflationnistes », explique le gouverneur, Lucas Abaga Nchama.
Une conjoncture difficile que le FMI a entrevue en mai. « La chute prononcée des cours du pétrole au second semestre de 2014 n’a pas eu d’effets très sensibles en 2014, mais elle devrait peser sur l’activité économique en 2015 en faisant descendre le taux de croissance à 2,2 % en raison de la baisse de la production de pétrole et des investissements publics », prévoyait l’institution de Bretton Woods après une mission d’évaluation des institutions de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).
Alors qu’elle annonçait une augmentation de la production du brut au premier trimestre, la banque centrale commune aux Etats de la Cemac (Cameroun, Tchad, Gabon, Congo, Guinée Equatoriale et RCA) fait volte-face. « Nous effectuons des prévisions, mais constatons après coup que les engagements pris par les entreprises pétrolières en termes de production ou d’entrée en exploitation de nouveaux gisements, compte tenu des cours mondiaux et des coûts d’exploitation, sont remis en cause », remarque Lucas Abaga Nchama sans donner de chiffres.
Réduction des déficits prévus
La BEAC révise ainsi ses prévisions pour cette année par rapport à ses projections du 25 mars. Le taux de croissance estimé pour la zone passe de 4,2 à 2,8%, tandis que l’inflation se maintient à 2,9%. Les déficits jumeaux prévus enregistrent une nette amélioration. Le solde budgétaire baisse de 6,3 à 3,7% du PIB, conséquence de la diminution des investissements publics, de l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative PPTE par le Tchad et de l’emprunt obligataire international contracté par le Gabon.
La baisse prévisible des exportations d’or noir combinée à la diminution des importations liées aux investissements publics ramèneraient, selon les prévisions de la Beac, le déficit extérieur de 20 à 11% du PIB. Un chiffre nettement différent de celui donné par FMI, qui situe ce déficit à 8,4%.

Grève de trois jours à la mine Somaïr d’Areva au Niger

Le personnel de la Société des mines de l’Aïr (Somaïr), filiale du
groupe nucléaire Areva au Niger, a entamé le mardi 7 avril une
grève de trois jours pour protester contre le non versement de
primes, a déclaré un représentant syndical.
Le mouvement est observé par 90 % du millier de salariés de la
mine située près de la ville d’Arlit, a déclaré Moussa Moutari,
porte-parole du syndicat Synamin. « La production est
pratiquement paralysée », a-t-il dit à Reuters . « La Somaïr ne veut
pas verser des primes liées aux objectifs financiers atteints en
2014. Ils disent qu’ils enregistrent des pertes, ce qui n’est pas
vrai. »
Après deux ans d’âpres négociations sur le renouvellement de son
contrat de production d’uranium au Niger , Areva a accepté l’an
dernier de revenir sur certaines exemptions fiscales et
d’augmenter les royalties qu’il reverse au gouvernement. Selon
une source du secteur, le Niger a représenté environ un cinquième
de l’uranium traité par les centrales nucléaires françaises en 2013,
mais ce chiffre devrait diminuer à environ 10% cette année à
mesure qu’Areva et EDF diversifient leurs approvisionnements.
Licenciement
Areva, qui a annoncé en mars une perte record de 4,8 milliards

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d’euros au titre de l’année 2014, est dans une situation financière
difficile. Le géant français de l’uranium a même lancé un vaste
plan de licenciements pour motif économique qui touche près de
170 salariés d’Imouraren SA , l’une des trois filiales minières
d’Areva au Niger avec la Somaïr et la Compagnie minière d’Akouta
(Cominak).
Créee en 1968, la Somaïr est détenue à hauteur de 63,6 % par
Areva et de 36,4 % par la Sopamin (Société du patrimoine des
mines du Niger), agence publique qui gère les participations
minières de l’État.

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