Top 6 conseils pour être efficace

Plutôt que de courir le risque d’apparaître comme un original, beaucoup de cadres supérieurs d’entreprise choisissent de systématiquement respecter le consensus. Ils évitent d’émettre des idées qui pourraient susciter la controverse, ce qui, en définitive, fausse la réflexion stratégique et risque de conduire à des choix incertains.

Barnett ajoute que « si les équipes de votre organisation pensent que briser le consensus est préjudiciable à leur carrière, c’est le signe qu’il vous faut revoir votre mode de direction . Voici les points majeurs de son argumentation :

1. Laissez s’exprimer les originaux

Les génies ne sont pas exempts d’erreurs. Les travaux d’Einstein, par exemple, contiennent des erreurs d’arithmétique. Cela ne change rien à son génie. Accueillez donc les idées hors normes ; elles ne sont peut-être pas toutes applicables mais elles proposent un angle différent d’une situation donnée. Lorsque vous créez un environnement qui laisse toute sa place à la liberté d’expression, vous vous donnez l’accès à un éventuel éclair de génie.

2. Recherchez la controverse, pas le consensus

Lorsque le débat porte sur le choix entre plusieurs business plans, par exemple, soyez attentif aux idées originales sur l’offre et la demande. Vous êtes peut-être dans une industrie en disruption.

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3. Rendez votre développement cohérent à postériori

Si la construction de la croissance d’Appleavait été parfaitement cohérente, les équipes d’ingénieurs auraient, en 2001, travaillé exclusivement au développement des PC’s. Et iTunes, qui n’avait été conçu que comme un moyen de vendre plus de PC, ne serait pas devenu cet extraordinaire portail de musique qui a permis de faire passer l’essentiel des recettes d’Apple du hardware au software.

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Les grands leaders savent que s’il ne leur appartient pas de deviner le futur, ils doivent créer des systèmes qui permettront à leurs équipes de le construire et d’en justifier ensuite la cohérence.

4. Gérez l’imprévisible

Donner la parole aux originaux n’est pas forcément exempt de problèmes. Il faut donc savoir faire la part des choses entre les activités de l’entreprise qui peuvent bénéficier de leur différence et les autres. L’innovation, certainement ! La procédure d’atterrissage d’un avion, peut-être pas.

5. Réfléchissez bien avant de pivoter

C’est la mode. Depuis l’arrivée du « lean start-up », changer d’avis comme de chemise n’est plus une tare, c’est un pivot. Attention ! S’il est incontestable qu’il vaut mieux ne pas s’enferrer dans un projet qui apparait conduire à une impasse, ne switchez pas pour autant l’analyse, préalable indispensable à une décision de retrait.

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6. Méfiez-vous des fausses informations négatives

Lorsqu’on teste une stratégie à l’aide d’un certain nombre de données, il y a des informations positives ou négatives et certaines sont fausses ou biaisées. Les fausses informations positives seront détectées, tôt ou tard, au fil de la réflexion stratégique. Pas les fausses informations négatives. C’est alors que l’intuition entrera dans le processus et se substituera à l’analyse logique.

Diriger une entreprise n’est pas que rationalité. C’est avant tout une aventure humaine. Sachez équilibrer en permanence controverse et consensus, caractères fantasques et rationnels, intuition et analyse. La conduite d’une entreprise reste un art et non une science.

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Parler tout seul n’a rien de dingue, c’est même efficace

Tout le monde a déjà exprimé une pensée tout haut sans même forcément s’en rendre compte. Et si parler tout seul est si répandu, c’est bien parce que ce discours auto-dirigé a une utilité.

La mère de Clémentine, 33 ans, a la fâcheuse habitude de commenter tout haut ce qu’elle fait. « C’est un flot continu de paroles, comme si la télé était allumée. » Héloïse, 26 ans, aussi: « J’aime bien me dire à moi-même ce que je fais. » Bien sûr, tout le monde n’est pas constamment en train de parler tout seul. Mais cela nous est tous arrivé, dans des tas de situations.

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Un phénomène courant

Pour Jacques, 60 ans, c’est entre autres quand il a égaré quelque chose chez lui ou ne sait plus où il a garé sa voiture: « Il m’arrive de me dire: ‘D’habitude, je le mets là’, de réfléchir tout haut à la dernière fois que je l’ai vu. » Barbara, 27 ans, va, elle, se parler à voix haute quand elle est très stressée: « Je vais essayer de me calmer en me disant: ‘Tout va bien se passer…’. » Pour Nathalie, 24 ans, c’est quand il faut se motiver: « Pour toutes les choses que je n’ai pas envie de faire sur le moment, par exemple quand j’ai du mal à me préparer le matin, je me dis: ‘Allez!' » Quand elle commet une maladresse, les mots de Nathalie sont plus réprobateurs: « Je m’écrie ‘ça m’énerve’ ou ‘je suis une boloss’. »

Ces exclamations ou réflexions à voix haute ont surtout lieu quand ces personnes sont seules. Entre autres par peur du regard d’autrui, explique Barbara: « J’ai tendance à juger les personnes qui parlent en marchant dans la rue. Et donc à me taire brusquement si cela m’échappe alors qu’il y a des gens autour de moi. »

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Du ‘je’ au ‘tu’ en passant par un ‘on fédérateur’

Parler tout seul peut en effet être perçu comme un signe de folie, confirme Sébastien Dupont, psychologue auprès d’enfants, d’adolescents et de leurs familles, entre autres auteur de Seul parmi les autres: le sentiment de solitude chez l’enfant et l’adolescent (éd. Érès): « En psychiatrie, le soliloque, c’est-à-dire le discours qu’une personne seule se tient à elle-même, est l’un des premiers signes diagnostiques isolés de la schizophrénie ou de certaines formes de psychose. Il est donc très associé dans l’imaginaire à la folie. »

Mais, rassurez-vous, ni l’absence d’un destinataire tiers ni l’utilisation du « tu » pour se parler à soi-même ne fait automatiquement de cette prise de parole un signe de schizophrénie, poursuit le psychologue: « Pour Freud, on a ce dialogue car il y a plusieurs instances à l’intérieur de nous. C’est comme un dialogue entre plusieurs dimensions de notre personnalité. Le ‘tu’ dénote d’ailleurs d’une position d’extériorité. La personne s’identifie alors à son surmoi. »

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C’est peut-être pour cela que Sarah varie entre ‘je’, ‘tu’ et ‘on’: « Quand le regard est critique, par exemple si je fais tomber quelque chose ou si je suis maladroite, ce sera plutôt un ‘tu’ qui me réprimandera: ‘Ah ben bravo, t’es bien avancée, là…’ Et je peux aussi dire mon prénom, histoire de me tirer les oreilles: « Tu soûles Sarah!’ Alors que si je dois me motiver ou me remémorer une liste de choses à faire, c’est un ‘je’ ou un ‘on’ fédérateur. » Barbara aussi est parfois adepte du ‘on’, « comme si c’était une équipe ». Tandis qu’Héloïse se dit que le ‘tu’ « fait peut-être office de coach: ‘OK, la première étape, c’est fait. Du coup, tu peux passer à la suite.' »

Éclaircir ses idées avec des mots

« Se parler à soi-même et à haute voix répond au besoin de focaliser son attention et de se concentrer », relève Martine Batt, professeure en psychologie à l’Université de Lorraine, spécialisée en psychologie de la communication. « Il se manifeste dès l’enfance », souligne Agnès Florin, professeure de psychologie de l’enfant et de l’éducation à l’Université de Nantes, auteure de l’ouvrage Le développement du langage (Dunod, avril 2016): « Pour une tâche qui doit être coordonnée, comme lacer ses chaussures, l’enfant va s’y prendre étape par étape et se parler à lui-même pour se concentrer, il réfléchit en parlant et en agissant. Comme chez l’enfant, le fait, à l’âge adulte, d’avoir une parole orale pour soi lors d’une action qui nécessite de la vigilance ou de la précision permet de clarifier et de valider des décisions et d’atteindre certains objectifs. »

Passer par la forme verbale aide en effet à structurer la pensée avec le langage, ajoute Martine Batt. « Le fait que cette dernière soit mise en mots veut dire que c’est finalisé du point de vue de la conceptualisation, que l’on a trouvé le mot qui exprime précisément la pensée. Cela revient à éclaircir ses idées. »

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Ce n’est pas pour rien que « le langage intérieur et silencieux est un phénomène très fréquent. Les études actuelles montrent que sa fréquence d’occurrence est en moyenne de 26%, signale Marcela Perrone-Bertolotti, enseignante-chercheuse en psychologie et neuro-cognition à l’université de Grenoble. Cela veut dire que nous passons un quart de notre vie éveillée à nous parler à nous-mêmes. »

Se recentrer dans l’instant présent

Mais pourquoi alors se mettre à penser tout haut et ne pas juste parler dans sa tête? « A l’oral, on ne peut pas tout dire en même temps, contrairement à ce qui se passe dans la tête, où les pensées viennent simultanément, sont confuses et peuvent s’exclurent les unes les autres. Il faut choisir les mots, énoncer les choses dans l’ordre, les mettre à plat, ce qui nous aide à organiser notre pensée », pointe Sébastien Dupont. C’est ce qu’indique Nathalie: « Dans une situation où tout est embrouillé dans ma tête, parce que je pense toujours à trois mille choses en même temps, penser à voix haute me permet de faire le tri. »

Prendre la parole plutôt qu’écouter sa petite voix intérieure remet ainsi dans l’instant présent en convertissant la pensée en action et en la rendant plus percutante. « Cela recentre, rend la situation plus concrète, note Barbara. Après tout, on est dans l’action puisque l’on parle. » Ce que confirme Martine Batt: « Dire les mots, même si ce n’est rien que pour soi, c’est un passage à l’acte. Au moment de l’énonciation, on inscrit ce qu’on dit dans une réalité. »

Entendre sa propre voix pour mieux penser

Sans compter que « créer un son et entendre ses propres mots permet de mieux se représenter sa pensée, ne serait-ce que parce que deux sens sont stimulés. Cela résonne différemment », précise Martine Batt. C’est ce qu’avait révélé une étude en 2011, qui nous apprenait que nommer à haute voix le produit que l’on cherchait dans le rayon d’un magasin aidait à le trouver plus vite, l’expression verbale et orale augmentant l’acuité visuelle.

Un constat que corrobore la chercheuse Marcela Perrone-Bertolotti: « Écouter sa propre voix pourrait permettre de mieux encoder l’information. Ce n’est pas seulement ce que l’on a voulu dire mais aussi ce qu’on a entendu. On stimule l’audition, ce qui va déclencher des cascades de réactions dans la région cérébrale allouée à cette information et rendre ainsi accessible la pensée à la conscience. » C’est bien pour cela qu’Héloïse arrive davantage à penser en paix à voix haute: « Je réfléchis mieux quand je m’entends parler. »

De quoi regarder avec plus de bienveillance les gens qui pensent tout haut. Et peut-être même d’oser parler seul soi aussi. « Je le conseille à mes étudiants quand ils ne comprennent pas quelque chose: lisez à haute voix. Le fait de fractionner la phrase, d’entendre les mots va permettre de mieux structurer votre pensée », appuie Martine Batt. Mais avec retenue: « Parler pour soi-même est intime, on dévoile le cheminement de sa pensée privée puisqu’on est en train de l’élaborer. »