Mountaga Keïta, CET ANCIEN BANQUIER QUI DIGITALISE L’AFRIQUE.

L’entrepreneur guinéen de 42 ans est le CEO de Tulip Industries, une startup active dans le secteur de l’innovation technologique.
Détenteur d’un double Master en « Business administration » et en « achat, approvisionnement, acquisition et gestion des contrats » de l’université du Maryland, Mountaga Keïta est également titulaire d’un diplôme en négociation et résolution des conflits de la Harvard Law School. Après ses études, de 2004 à 2007, il a été Senior personal Banker au sein de Bank of America, la plus grande banque des USA, en termes de dépôt et de capitalisation boursière. Il a ensuite travaillé pour d’autres banques avant de rentrer en Guinée en 2013.

Depuis 2014, Tulip Industries est spécialisée dans la production de kiosques internet utilisable par les universités, les écoles, les mairies, les commerces, la régie publicitaire, etc. Ces ordinateurs debout , fabriqués à Conakry, sont les premières du genre en Afrique subsaharienne. Mountaga Keïta a investi 1,5 million de dollars pour créer son entreprise. Il a commencé l’entreprise seul et emploi aujourd’hui 35 personnes à temps plein.

FACILITER LES DÉMARCHES ADMINISTRATIVES
Selon le fondateur de Tulip Industries, l’explosion démographique en Guinée nécessite que le pays puisse disposer d’outils adaptés aux réalités locales lui permettant d’automatiser des services. Ainsi, l’ordinateur debout , qui intègre les langues nationales de la Guinée et qui pèse 60 Kg, est, selon son concepteur, doté de toutes les fonctionnalités :wifi, haut-parleur de grande performance, une caméra de 10 méga pixels et des micros multidirectionnels, une imprimante A4 de grande capacité et une dalle tactile incassable. Le tout logé dans un coffre-fort en acier.

Un ordinateur dispose de capacités supérieures aux lap-tops habituels avec 8 Go de ram et un disque dur de 32 Go qui peut porter jusqu’à 3 terras, selon l’utilisateur. L’ordinateur est alimenté avec une simple batterie de 220 v et adapté aux conditions et aux possibilités de l’utilisateur et un onduleur qui peut tenir deux à trois jours sans charge. Selon Mountaga Keïta, le kiosque peut rester sous la pluie, sans aucun souci, parce qu’il est conçu comme un véhicule et tout est hermétique, mais la dalle est tactile.

Ces ordinateurs debout peuvent être utilisés partout pour le retrait des extraits d’actes de naissance, actes de mariage, avec un code l’on peut imprimer sur place, avoir des informations gratuitement, se connecter; voter;localiser toutes les écoles et répertorier tous les professeurs se trouvant dans ce périmètre pour les cours à domicile, bibliothèques numériques et plusieurs autres fonctionnalités.
Selon Mountaga Keïta, la modélisation en 3D, lui a pris deux ans et, de 2014 à 2015, il a travaillé sur la maquette avec des programmeurs guinéens pour aboutir à un prototype, présenté en 2017.

BORNE MÉDICALE RÉVOLUTIONNAIRE
Mountaga Keïta a adapté ses bornes à la médecine, après les décès de 3 de ses proches pour erreur de diagnostic. La borne médicale produite par Tulip Industries est censée révolutionner le secteur médical dans son pays. Cette borne lui a permis de remporter plusieurs prix notamment au 47e Salon international des inventions à Genève. Il a également obtenu un grand prix décerné par l’association européenne des inventeurs, la médaille d’or du salon de Genève ainsi que la médaille d’or de l’association des inventeurs de France. Mountaga Keita a également remporté une médaille de l’Organisation internationale de la propreté intellectuelle, à Cotonou.

Ainsi, la borne médicale dispose de plusieurs fonctionnalités et peut fonctionner peut importe la durée des coupures d’électricité. « C’est une borne totalement autonome en énergie avec des capteurs branchés sur le doigt pour obtenir tous les battements cardiaques et même le taux d’oxygène dans le sang. Il y a également des caméras thermiques qui peuvent déceler le cancer du sein et même permettre aux femmes qui ont des problèmes de fécondité de trouver le jour parfait pour procréer », avait fait savoir l’inventeur lors d’une conférence de presse à Conakry. Cette borne, a-t-il ajouté, peut déceler des signes vitaux et les retranscrire en direct à un médecin ou un collège de médecins qui se trouvent ailleurs dans le monde pour apporter des conseils à un autre médecin lors de n’importe quelle opération en Guinée.

La borne, par téléconférence, peut ainsi aider à soigner un patient en Guinée. L’inventeur intègre également le tensiomètre à la borne ainsi qu’un stéthoscope en Bluetooth et une ordonnance qui sera délivrée sous forme de Code QR, à déchiffrer uniquement par le pharmacien. Un moyen, selon Mountaga Keïta de pousser les individus à se rendre dans les pharmacies et non à s’approvisionner en faux médicaments dans les rues. Grâce à l’intelligence artificielle, les données collectées chez les patients peuvent être analysées via des algorithmes et détecter des maladies avant même que les symptômes ne se manifestent. Cela permet ainsi de faire de la prévention.

FABRICATION LOCALE
Les modèles commerciaux sont fabriqués au quartier de Sonfonia à Conakry, dans une usine qui appartient à 100% à sa famille et les personnes qui y travaillent sont tous des guinéens. C’est également là que se trouve le siège de Tulip Industries. « Au départ, mes parents voulaient construire un immeuble d’habitation, mais à mon arrivée, je leur ai conseillé d’accepter de transformer l’intérieur en usine. Ce qui fut fait sans trop de problème », a-t-il fait savoir lors d’une interview avec Guinée Matin. L’usine dispose d’une capacité de production de 20 machines par jour.

Mountaga Keïta compte acquérir du matériel lui permettant de passer de 80 à 120 machines par jour, permettant de réduire d’au moins de 60% les coûts de production. Mountaga Keïta, qui est obligé d’importer d’Asie, les différents composants des bornes, pratique actuellement le « Reverse engineering » (qui consiste à étudier un objet pour en déterminer le fonctionnement interne ou la méthode de fabrication), afin de pouvoir fabriquer tous ces composants en Guinée.
L’inventeur guinéen déclare compter au moins six autres inventions, dont une invention pour les écoliers.

Partager: Africa TIMES Magazine
Source: Patrick Ndungidi

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