10 Africain(e)s qui ont fait 2018

l’annee 2018 a été de grands changements sur le continent africain, aussi bien sur les plans politiques, économiques que culturels. Ces 12 mois riches en évènements ont été rythmés par des personnalités aux fortunes diverses, dont la réussite ou l’échec ont marqué le continent africain.

Voici 10 personnalités qui ont, selon notre rédaction, marqué l’année écoulée.

1- Denis Mukwege : l’homme qui répare les femmes

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Le médecin congolais a remporté, conjointement avec la yézidie Nadia Murad, le prix Nobel de la paix. L’homme est récompensé pour 20 années consacrées à soigner et à accompagner les femmes victimes des atrocités de la guerre en RDC. Plus de 40 000 femmes victimes de viols ont été soignées par Denis Mukwege dont l’hôpital aide également à la réinsertion sociale des victimes. Véritable miraculé, l’intéressé, qui a échappé à plusieurs tentatives d’assassinat, a récemment présenté son prix, chez lui en RDC, où il n’a pas que des amis. Le médecin s’est, en effet, également distingué par son opposition à la personnalité de l’année se trouvant à l’autre extrême de ce classement.

2- Mohammed Salah : le musulman chéri des Anglais

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Une crinière, un sourire et beaucoup de buts. 2018 aura été, encore plus que 2017, l’année de Mohammed Salah. Celui qui vient de se succéder à lui-même, en tant que ballon d’or africain, a dominé, individuellement, le championnat anglais en battant le record du nombre de buts marqués sur une saison à 38 journées du championnat anglais. Finaliste de la ligue des champions, l’attaquant égyptien aurait pu finir 2018 sur une mauvaise chute à cause d’une blessure survenue lors de ce match et de sa mauvaise prestation durant la Coupe du monde. Mais le pharaon, pour qui les supporters de Liverpool ont composé une chanson, semble bien au-dessus de tous ces obstacles. Après la Russie, il aura à peine le temps de douter avant de reprendre son rythme infernal et de martyriser les défenses anglaises. 6e au classement du ballon d’or européen, le footballeur égyptien a été unanimement reconnu comme l’un des meilleurs footballeurs de 2018. Son impressionnante cote de popularité reste intacte quand on s’éloigne des terrains. On parle quand même de quelqu’un qui a reçu un million de votes aux élections présidentielles égyptiennes, sans y participer.

3- Yacouba Sawadogo : l’homme qui a arrêté le désert

3 Yacouba Sawadogo

Pendant de nombreuses années, ce Burkinabé a été considéré par ses contemporains comme un fou. Il avait la prétention de faire pousser des plantes dans le désert. Pourtant, malgré le scepticisme ambiant, Yacouba Sawadogo a reçu, le 24 septembre dernier, le Right Livelihood Award 2018, plus connu sous le nom de prix Nobel alternatif. Il a été récompensé pour avoir réussi à reverdir, au bout de 30 ans, 40 hectares dans une zone complètement aride. Un fou à la main verte.

4- Louise Mushikiwabo : la bilingue

4 Louise Mushikiwabo

La rwandaise a succédé, le 12 octobre dernier, à la canadienne Michaëlle Jean pour le poste de secrétaire général de l’organisation internationale de la francophonie. Suggérée par le président français Emmanuel Macron, cette candidature a surpris plus d’un. Il faut savoir que le français n’est plus enseigné dans les écoles rwandaises depuis 2010. Pas de soucis, Louise Mushikiwabo est parfaitement bilingue.

5- Felwin Sarr : la nouvelle intelligentsia africaine

5 Felwin Sarr

L’intellectuel sénégalais a coécrit avec Bénédicte Savoy le rapport commandé et remis au président français, le 23 novembre dernier, sur la restitution des œuvres africaines spoliées. Le sujet passionne et fait couler beaucoup d’encre et ce n’est pas un hasard si Felwin Sarr a été choisi pour coécrire le rapport. Le Sénégalais se distingue par un afro-optimisme particulier qui refuse de baser le développement du continent africain sur des critères et des standards européens.

6- Abiy Ahmed : le réformateur

6 Abiy Ahmed

Depuis quelques mois, personne ne reconnait l’Éthiopie. Les médias sont plus libres que jamais et la paix a été rétablie avec l’ancien ennemi érythréen. Depuis la nomination d’Abiy Ahmed au poste de premier ministre, le pays va de transformations en transformations. Lancé à toute vitesse sur le vertueux, mais épineux, chemin des réformes, le premier ministre éthiopien a réussi à se placer dans ce classement en poursuivant ses changements envers et contre tout, même les attentats qui ont failli lui coûter la vie.

7- Kemi Adeosun : la démissionnaire

7 Kemi Adeosun

2018 a vu l’une des personnalités nigérianes les plus appréciées du pays quitter le gouvernement. En effet, la très respectée ministre des finances Kemi Adeosun, a démissionné le 14 septembre. Elle faisait l’objet d’une enquête pour détention d’un faux certificat d’exemption du service militaire obligatoire pour les jeunes. Alors que l’enquête venait de débuter, la ministre a préféré démissionner pour que l’affaire n’impacte pas sur l’image du président. Loyale et incorruptible, même dans la suspicion.

8- Tidjane Thiam : le loup de Paradeplatz

8 Tidjane Thiam

En 2018, le franco-ivoirien a été nommé «banquier de l’année», lors de la cérémonie des Euromoney Awards for Excellence 2018. Le directeur général du Crédit Suisse est récompensé pour la restructuration de la deuxième plus grande banque suisse qui, mal en point à son arrivée, est redevenue rentable sous sa direction. Les candidats aux élections ivoiriennes peuvent se détendre, le banquier n’a aucune ambition politique.

9- Fatou Bensouda : la décriée

9 Fatou Bensouda

A la tête d’une institution décriée par la plupart des Africains, la Gambienne Fatou Bensouda, procureure de l’institution, n’a pas passé son année la plus paisible en 2018. En plus des tâtonnements de la CPI concernant l’affaire Laurent Gbagbo, l’institution a perdu contre le président kényan Uhuru Kenyatta et relâché Jean-Pierre Bemba. En plus, elle ne semble pas en mesure d’inquiéter la prochaine personnalité de cette liste.

10- Joseph Kabila : un dernier privilège

10 Joseph Kabila

Contre toute attente, celui qui semblait ne pas vouloir quitter le pouvoir en RDC, alors que son mandat s’achevait en 2016, s’est finalement résolu à ne pas se présenter aux élections. Puis, son candidat n’étant pas parvenu à soulever l’enthousiame des électeurs, il s’est cette fois-ci résolu à céder la place à un opposant. Il semblerait, si l’on en croit les vives protestations internationales, qu’il se soit toutefois accordé un dernier privilège en choisissant son opposant