Tchad: La 2ème femme architecte de l’histoire élève des poules pondeuses  

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Diplômée de l’Ecole spéciale d’architecture de Paris en France en 2012, Garfa Fatimé Aldjineh, a fait de l’élevage un challenge personnel. Elle a démarré avec 5 000 poussins de ponte roux.

Après plusieurs essais dans le secteur agricole, l’architecte Garfa Fatimé Aldjineh a jeté son dévolu sur l’élevage des poules pondeuses en 2017. « A mon retour au Tchad, après l’ouverture de mon cabinet d’architecture dans la capitale, j’avais besoin d’essayer autre chose, de ne pas cesser d’entreprendre et de voir au-delà de l’architecture, qui reste mon domaine de base. J’ai alors suivi et essayé l’agriculture avec quelques proches qui avait déjà une bonne expérience. Nous avons opté pour la culture du maïs, mil, haricot, oignon, pastèque. Mais je n’ai pas été satisfaite du rendement », relate Fatimé.

Changement de cap.

Après de multiples échecs, Fatimé, plutôt tenace, décide de substituer l’agriculture à l’élevage. C’est ainsi qu’est née son idée pour l’élevage des pondeuses. « Il était difficile pour mon entourage de voir unefemme, de surcroît, une architecte faire l’élevage, une activité différente de ma formation. Il me fallait convaincre mes proches. Pour cela, j’avais déjà le soutien infaillible de mes parents, principalement de mon père qui m’a transmis l’amour de la terre, étant lui-même un amoureux de la nature et de tout ce qu’elle referme. Pour un début, il me fallait un espace, beaucoup de moyens et un peu d’expérience en élevage, des critères que je ne disposais malheureusement pas »explique cette éleveuse.

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Cette architecte a démarré son projet avec 5.000 poussins de ponte roux, commandés en France. Son poulailler, encore à la phase expérimentale, est constitué de 2 bâtiments de 500 m2 comportant chacun, 2.500 poules pondeuses.« Pour la 1re phase, le nombre est peut-être énorme, mais cette étape me donnera plus d’expérience. J’apprends déjà à supporter les palpitations que les poules provoquent quand il n’y a pas à manger et c’est extrêmement stressant. Elles ont besoin de beaucoup d’attention et de suivi », précise-t-elle. Après 4 mois d’exercice, Fatimé s’est familiarisée aux exigences de cette filière, qui se résument en une bonne pratique d’hygiène et une attention démesurée à l’égard des poussins. Un défi qu’elle s’attèle au quotidien à relever.

Perspectives

Comme tout éleveur, cette novice en élevage n’est pas à l’abri des difficultés. « Le problème le plus récurent, c’est d’assurer leur alimentation au quotidien, avec la crise que notre pays subit, ce n’est pas évident. A cela se sont ajoutés, le manque d’accompagnement technique et financier. Les jeunes ont des idées mais le moyen de les mettre en pratique, fait défaut.

La concurrence, aussi, empêche les anciens de partager leurs expériences avec les nouveaux »,souligne cette éleveuse. Pour atteindre ces objectifs, Fatimé sollicite des soutiens financiers.« Au début du projet, on a fait des prévisions financières pour couvrir les dépenses, mais actuellement, j’ai déjà tout épuisé toutes mes ressources. Comme c’est un projet sur fonds propres, je m’endette pour combler les gaps. Il devient de plus en plus difficile de subvenir à leur besoin alimentaire, mais on espère qu’avec la ponte, la vente des œufs nous permettra de combler les dépenses », déclare cette architecte.

Pour combler le déficit alimentaire, pense déjà à une culture qui fera vivre sa volaille et boostera leur production. « L’objectif de tout ce que je fais et mon combat dans ce domaine, c’est de pouvoir diversifier nos idée, notre économie, arriver à produire à moindre coût afin de permettre aux couches les plus démunies, d’avoir accès à ces produits mais aussi de contribuer à la création d’emploi. Mon entreprise m’a permis d’embaucher 8 personnes pour la première phase et le nombre augmentera au fur et à mesure que le projet grandira »explique-t-elle.

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25 000 poules en 2 ans

Malgré ces obstacles, l’ambition de cette femme est de passer de 5000 à 25.000 poules pondeuses d’ici 2 ans. Ainsi, elle couvrira la grande partie du marché des œufs de N’Djamena et même dans les provinces, en vendant à des prix abordables. Fatimé encourage, les autres femmes à miser sur l’entrepreneuriat et l’innovation. « Il faut que mes sœurs sachent qu’il n’y a pas de métiers spécifiques aux hommes, car nous pouvons faire autant qu’eux. Nous devons innover et croire en nos potentiels pour arriver au bout de nos rêves. Etre humble dans ce qu’on fait et toujours demander conseils pour mieux avancer. Il revient auxfemmes de faire vivre la famille par l’entrepreneuriat car la femme est le chef de la famille », conseille cette entrepreneure

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