Libreville enquête sur le niveau réel de la production pétrolière

image

Par le biais de la Direction générale des hydrocarbures (DGH), l’État entend en effet faire toute la lumière sur la réalité de la production pétrolière du pays, a appris Jeune Afrique . La différence entre ce que les opérateurs déclarent produire et la réalité telle que l’évaluent les autorités est en effet considérable. Le français Total et le chinois Addax ont déjà fait l’objet de redressements : plusieurs centaines de millions de dollars, au total.
Et voici que leurs principaux concurrents sont à leur tour menacés. Shell, Maurel & Prom et le britannique Perenco (désormais numéro un au Gabon en matière de production) ont été audités par la DGH, qui s’apprête à transmettre ses conclusions à son ministère de tutelle, dirigé par Étienne Ngoubou.
Le temps viendra ensuite de sortir les calculettes et, sans nul doute, de négocier le montant des amendes. Celles-ci s’annoncent salées !

Publicités

Investissements directs étrangers : le retour en force de l’Afrique du Nord

image

Dans une étude publiée le 2 juin 2015 et intitulée Africa Attractiveness Survey 2015 , le cabinet britannique d’audit financier Ernst & Young (EY) mesure l’attractivité de l’Afrique sur la base de l’analyse des investissements directs étrangers (IDE) réalisés en 2014 et d’une enquête de perception, menée auprès de 500 dirigeants d’entreprises répartis dans 30 pays du monde.
Le rapport révèle une diminution de 8,4 % du nombre de projets d’investissements sur le continent (733 en 2014 contre 800 en 2013), une évolution conforme à la tendance mondiale enregistrée l’an dernier. EY souligne en revanche qu’en dépit de cette baisse, la valeur des IDE en Afrique a enregistré un bond remarquable en 2014. L’an dernier, environ 128 milliards de dollars d’IDE ont été réalisés en Afrique, soit une augmentation de 136 % par rapport à 2013. « Stimulé par une poignée de méga-projets, l’investissement moyen par projets a grimpé à 174,5 millions de dollars, contre 67,8 millions en 2013″, explique EY dans son communiqué.
Bond en Afrique du Nord
Le rapport du cabinet d’audit met l’accent sur la remarquable reprise des projets d’IDE en Afrique du Nord : 165 projets en 2014 contre 135 en 2013, soit une progression de 22,2 %.
Au Maroc, 67 projets d’IDE ont été enregistrés en 2014 soit une hausse de 52,3 % par rapport à 2013, en Égypte, 71 projets ont été enregistrés, soit une augmentation de 61,4 %. Parallèlement, les entrées de capitaux ont représenté 51,1 % des flux d’IDE sur l’ensemble du continent (contre 19,1% en 2013), soit plus de 65 milliards de dollars.
En Afrique subsaharienne, le nombre global de projets d’investissements directs étrangers a chuté de 14,6 % entre 2013 et 2014, atteignant son seuil le plus bas depuis 2010 (568 projets). Le recul le plus marqué est en Afrique de l’Ouest (-23,2 %), suivi par l’Afrique de l’Est (-11,6 %), l’Afrique australe (-11,4 %) et l’Afrique centrale (-4,8 %).
À rebours de la tendance générale, l’Éthiopie a connu une forte hausse des projets enregistrés dans la zone : 32 projets en 2014 (+ 88,2 %). Le Mozambique a enregistré 50 projets en 2014, soit une progression de 47,1 % par rapport à 2013.

image

Top 10
L’Égypte a raflé la part de lion des IDE enregistrés en Afrique l’an dernier (43,3 %), loin devant le Nigeria (8,4 %) et le Mozambique (6,9 %).
Secteurs
En 2014, la grande des investissements directs étrangers en Afrique sont allés vers l’immobilier, la construction et l’Hôtellerie (43,8 %) et vers le charbon, le pétrole et le gaz naturel (25,4 %). La plupart des projets d’IDE ont été réalisés dans le domaine de la technologie, des médias et des télécommunications (19,6 %), suivi de près par celui des services financiers (18,1 %), puis par celui des produits de consommation et de distribution (14,1%).

À Bamako, pas de place pour Alpha Télécommunication ?

Fin mai, dans le quartier Badalabougou, les haut-parleurs du minibus stationné devant le restaurant Broadway, point de ralliement des expatriés de Bamako, crachent une musique tendance.

image

Autour du véhicule, une petite foule de badauds s’agglutine pour profiter des promotions de l’opérateur Malitel, contrôlé par Maroc Télécom, numéro deux du secteur avec 48 % de part de marché. Anticipant l’arrivée au Mali d’une troisième compagnie de téléphonie mobile, Alpha Télécommunication (Atel), filiale du groupe burkinabè Planor, l’entreprise multiplie ce genre d’événements : les hôtesses distribuent des puces dont le prix cassé – 500 F CFA (76 centimes d’euros) – inclut des crédits téléphoniques de 1 000 à 5 000 F CFA à utiliser dans les trois mois, parfois plus.
Et Malitel n’est pas le seul à brader ses services. Orange Mali, numéro un du marché depuis sa création (sous le nom d’Ikatel), en 2003, s’affiche en grand format sur les murs de la capitale et inonde lui aussi le pays de cartes SIM.http://www.savoirentreprendres.wordpress.com
« Malitel et Orange Mali clament qu’ils ont respectivement 10 et 11 millions d’abonnés, mais en réalité ils n’en comptent que 4 et 5 millions, qui en plus sont souvent clients des deux opérateurs à la fois », assure un responsable de l’Institut national de la statistique. Grâce aux perpétuelles offres promotionnelles, « il est devenu plus avantageux d’acheter une nouvelle carte SIM qu’une recharge téléphonique. Ce sont des puces à usage unique », poursuit-il. « J’en ai plus de quinze à la maison. À chaque fête, il y a des bonus donc j’en prends une nouvelle », confirme Hamidou Dolo, boutiquier à Bamako.
Duopole
Avant même le démarrage de ses activités, prévu d’ici à quelques mois, Atel sait que la tâche sera rude pour imposer sa marque face au duopole. « Nous aurons du pain sur la planche mais nous sommes confiants. Nous avons l’expérience du marché burkinabè, qui ressemble beaucoup au marché malien », affirme Mouni Kouda, conseiller spécial d’Apollinaire Compaoré, le président de Planor.
Mais si au Pays des hommes intègres sa filiale Télécel a réussi à fidéliser ses clients et détient environ 25 % du marché, c’est notamment grâce à sa présence historique – elle a été créée en 2000. Au Mali, la conquête devrait se révéler beaucoup plus compliquée alors qu’un mouvement de baisse des prix des communications a été engagé depuis quatre ans sur le continent. S’il veut faire des bénéfices, Atel aura à terme besoin d’une part de marché d’au moins 15 %.
Déconvenues
Les observateurs sont d’ailleurs réservés sur les chances de succès d’Apollinaire Compaoré. Ils soulignent les nombreux retards accumulés depuis l’obtention de sa licence malienne, en 2013. Une longue bataille l’a d’abord opposé à son ex-associé malien Cesse Komé , les deux hommes d’affaires se disputant la propriété de cette licence.
Puis des déconvenues avec l’équipementier chinois Huawei ont rendu l’affaire encore plus complexe. Si, au départ, Atel avait prévu de se déployer sur l’ensemble du pays, il a finalement choisi de se concentrer sur les grandes villes et pourrait, pour les autres localités, utiliser le réseau de ses concurrents, comme l’y autorise son cahier des charges. « Concernant cette deuxième option, la question n’est pas encore tranchée », nuance Mouni Kouda.
« La tâche du groupe Planor sera d’autant plus difficile qu’il semble arriver avec des moyens limités. Il ne faut pas oublier qu’Atel est pressé par le temps car sa licence expire en février 2016, rappelle Mahamadou Camara, ex-ministre malien de l’Économie numérique, de l’Information et de la Communication. Si rien n’est fait d’ici là, l’État pourra retirer son autorisation et relancer un appel d’offres.