le FMI et la Banque mondiale annoncent un ralentissement de la croissance

La Banque mondiale et le FMI viennent de baisser leurs prévisions de croissance économique en 2015 pour l’Afrique subsaharienne à 4 % et 4,5 % respectivement. En cause : la chute du cours des matières premières.
Pour les ministres des Finances et responsables africains qui doivent participer du 17 au 19 avril à Washington aux réunions de printemps du groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, le timing ne pouvait pas être plus mal choisi. En effet, ces institutions viennent de publier, coup sur coup, deux rapports encore assez réservés sur les perspectives de croissance de l’Afrique subsaharienne.

Selon la nouvelle édition d’Africa’s Pulse, publiée par la Banque mondiale le 13 avril, cette région devrait connaître une croissance de 4% en 2015, soit moins que les 4,5 % enregistrés en 2014. En janvier dernier, l’institution dirigée par l’américain Jim Yong Kim annonçait une croissance en hausse cette année à 4,6 %. Selon ces estimations, l’Afrique subsaharienne devrait faire moins bien que la croissance moyenne enregistrée durant les deux dernières décennies (4,4 %). Le pic des années 2002-2008 (6,4 %) semble une histoire ancienne.

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Légèrement plus optimiste, le FMI dans la nouvelle édition de son World Economic Outlook rendue publique ce mardi 14 avril, s’attend à un taux de croissance de 4,5 % en Afrique subsaharienne en 2015, soit moins que les 5 % enregistrés en 2014, mais surtout 0,4 point de moins que les prévisions annoncées par cette même institution il y a trois mois et 1,25 point de moins que celles publiées en octobre 2014.

Fin d’un super-cycle

Les deux institutions de Bretton Woods attribuent ce recul à la baisse du cours du pétrole et des autres matières premières qui marque la « fin d’un super-cycle », selon la formule de Makhtar Diop, vice-président Afrique de la Banque mondiale.

Dans son étude, cette institution internationale remarque d’ailleurs que la plupart des pays de la région sont confrontés cette année à une « dégradation des termes de l’échange », autrement dit le rapport entre la valeurs de leurs exportations et celle de leurs importations. Cette baisse est induite par la progression observée durant les dernières décennies de la corrélation entre le prix du pétrole et celui des autres matières premières. Selon la Banque mondiale, les 36 pays africains qui devraient connaître cette dégradation, représentent 70 % de l’activité économique de la sous-région et 80 % de sa population.

Le FMI et la Banque mondiale s’annoncent plus optmistes pour 2015, avec une reprise de la croissance en Afrique subsaharienne à 5,1 % selon la première et 4,5 % selon la seconde. À moins que ces prédictions ne soient elles aussi revues à la baisse, lors des prochaines mises à jours attendues en octobre…

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